samedi 15 décembre 2018

13ème Édition du Cours Supérieur Franco-Maghrébin de Sénologie Essaouira

La guérison du cancer du sein : est-ce un objectif scientifiquement réalisable ?

Dr Anwar CHERKAOUI
Sur le plan international en matière de cancérologie, trois évènements retiennent l’attention. La nouvelle loi Française qui prévoit que les anciens malades ne sont plus tenus de déclarer aux Assurances  leur cancer dix ans après la fin de leur traitement. L’étude de la revue de « Science »/ Janvier 2016, qui attribue la genèse des cancers au hasard.  Et l’étude de la revue « Nature », qui aboutit à une conclusion diamétralement opposée, l’essentiel du risque des cancers est de 70 à 90 % d’origine environnementale.

C’est dans ce contexte scientifique international controversé, que se tient la 13ème Edition du Cours Supérieur Franco-Maghrébin de sénologie, à Essaouira les 30 septembre et 1er octobre 2016. Cette Rencontre de formation continue en cancérologie, qui réunit des experts nationaux, maghrébins,  européens et américains est magistralement organisée chaque année par Dr Faouzi Habib du Maroc et Dr Daniel Serin du côté Français. Le leitmotiv de cette édition, est que la guérison du cancer du sein, est un objectif scientifique réalisable.

Aujourd’hui, en France, sur la base de nouvelles données qu’a été élaborée ces derniers mois entre l’Insititut National des Cancers (INCa) et les sociétés d’assurances une nouvelle « grille de référence » affinant le « droit à l’oubli » prévu par la loi santé pour les anciens malades du cancer. Pour leur éviter d’avoir à payer des surprimes d’un montant parfois exorbitant lors de la souscription d’un crédit bancaire, le texte définitivement adopté en décembre 2015 prévoit que les anciens malades ne sont plus tenus de déclarer leur cancer dix ans après la fin de leur traitement. De ce fait, les cancers avec un bon pronostic, comme celui du testicule (96 % de survie à cinq ans) devraient figurer en bonne place. « A 95 % de survie, on peut considérer qu’on est sur un cancer qui se guérit », affirment les cancérologues.

Le cancer est-il dans deux tiers des cas la « faute à pas de chance » ou bien très majoritairement dû à des facteurs héréditaires ou environnementaux – pollutions, alcool, tabac, surpoids, infections virales ou bactériennes, rayonnements ? Un article paru en janvier 2016 dans la revue Science avait suscité un vif débat en mettant en évidence une corrélation entre le nombre de divisions de cellules souches intervenant au sein d’un tissu et le risque d’apparition d’un cancer dans ce même tissu, tout au long de la vie. Les auteurs, Cristian Tomasetti et Bert Vogelstein (université Johns-Hopkins, Howard Hughes Medical Institute) avaient laissé entendre qu’ils avaient ainsi démontré que les deux tiers des cancers étaient attribuables au pur hasard – alors qu’il s’agissait d’expliquer les différences de risque relatif de survenue de tel ou tel cancer.

Par ailleurs, une étude publiée dans Nature le 17 décembre 2015 relance la polémique : une équipe de l’université Stony Brook, partie du même jeu de données, aboutit à une conclusion diamétralement opposée. Selon Yusuf Hannun et ses collègues, entre 10 % et 30 % seulement du risque de cancer seraient d’origine « intrinsèque », c’est-à-dire tributaire de facteurs purement aléatoires. L’étude de Nature part des mêmes prémisses que celle de Science, à savoir que les phénomènes cancéreux ont pour origine une division cellulaire qui « tourne mal ». Mais les facteurs responsables de ces dérapages peuvent être aussi bien intrinsèques – une réplication erronée aléatoire de l’ADN – qu’extrinsèque – par exemple des rayonnements UV ou des agents mutagènes. L’étude de Nature conclue que l’essentiel du risque (entre 70 et 90 %) est d’origine environnementale.

La gestion de la vie après le cancer, quelle radiothérapie en 2030 ? Les possibilités thérapeutiques du cancer du sein en 2016, les tests génétiques de prédisposition au cancer du sein, la chirurgie conservatrice innovante comme traitement du cancer du sein, la reconstruction mammaire en immédiat par lambeau autologue du muscle grand dorsal de la malade, est-ce que les canons de la mode changent les indications thérapeutiques dans les cancers du sein, sont les principales thématiques de cette 13ème Edition du cours supérieur Franco-maghrébin de sénologie, indique Dr Faouzi Habib, l’un des co-Fondateurs de session Franco-Maghrébine de Cancérologie.

Mots-clés: FMC, Sénologie, Cours Supérieur Franco-Maghrébin de sénologie

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